Accueil > Prier avec nous > Homelies > 17e Dimanche A

 

17e Dimanche A

24 juillet-2011

17ème dimanche du T. O. –A-

1 R. 3, 5, 7-12 Rom. 8, 28-30 Mt. 13, 44-52

Où en sommes-nous dans notre lecture de la lettre aux Romains ?
La terre et l’homme sont en mauvais état. Ce qui les fait tenir, c’est l’espérance d’un avenir meilleur.
Il n’y a pas d’autres dieux que le Dieu unique qui s’est révélé aux ancêtres. Le lâcher aboutirait à confier notre avenir à des illusions et à conduire la terre à des catastrophes. Il faut donc entrer en relation avec Dieu mais nous ne savons pas prier comme il faut. Il n’y a que Dieu qui puisse parler à Dieu. Il faut qu’il inter-vienne.
L’Esprit se met alors à notre niveau. Il sait ce que Dieu veut. Il ne nous trahit pas et il ne trahit pas Dieu. Et nous arrivons au texte d’aujourd’hui.

Paul énonce ce qui pour lui est une évidence : « Nous le savons, quand les hom-mes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien puisqu’ils sont ap-pelés selon le dessein de son amour. »
« Nous le savons ! » dit Paul. Ce que nous, nous savons, c’est que le lien d’a-mour qui unit Dieu et Paul est solide. Nous ne pouvons pas en dire autant.
Quand pouvons dire que nous aimons Dieu ? Aimer Dieu c’est quoi ? Pour trou-ver la réponse, il faut toujours aller chercher du côté de l’unique projet de Dieu : faire alliance avec l’humanité, avec chaque homme. Dieu passe son temps à nous chercher. Il appelle. Répond qui veut.
Quand il y a réponse, Dieu travaille à mettre la vie de tout homme en harmonie avec la sienne. Si l’homme accepte, l’alliance se construit.
Répondre à l’appel, c’est parcourir un cheminement. Le but, c’est la gloire, c’est à dire la conformité à la vie de Dieu. « Ceux qu’il appelés, il en a fait des jus-tes ; et ceux qu’il a justifiés, il leur donné sa gloire ».

Aimer Dieu, c’est permettre à Dieu de construire sa vie dans notre vie : c’est ou-vrir notre cœur à l’alliance. Cette ouverture peut se faire avec beaucoup d’émo-tions et beaucoup d’alléluia ! Elle peut se faire aussi très calmement, très posé-ment, très sérieusement au fil des jours.

Aimer Dieu, c’est être convaincu qu’il conduit notre vie, quelquefois par des chemins que nous n’aurions pas choisis.
Il ne nous veut pas de mal mais quand le mal arrive, il nous accompagne et au besoin nous reconstruit. Il nous rend conformes à l’image de son Fils .
Quand ce projet sera réalisé, l’Alliance désirée par Dieu sera totalement réussie. Nous serons dans la gloire de Dieu.

« Quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien. »
De quel bien s’agit-il ? Le Bien, c’est le salut, c’est-à-dire la vie en harmonie avec Dieu. Ce bien est un don gratuit, une grâce.
« Ceux qu’il connaissait par avance, il les a aussi destinés à être à l’image de son Fils pour faire de ce Fils l’aîné d’une multitude de frères. »
Il s’agit de constituer une fratrie où règne vraiment une vie fraternelle.
*
L’appel que le Christ a adressé à Paul sur le chemin de Damas a été si violent, si évident que Paul n’a pas pu ne pas répondre et peut-être pense-t-il que tout appel entraîne naturellement une réponse positive.
Le 1er Livre des Rois nous ramène au ras du sol, non pas au niveau de ce que vit le peuple mais au niveau de ce qui se passe au sommet de l’Etat. Avec ses fem-mes et ses concubines, David a eu 17 enfants (2 Sam 3,2 et 5, 13). Personne ne connaît leur date de naissance et avec le nom qu’ils portent je ne saurai distinguer les garçons des filles. Toujours est-il qu’il y a beaucoup de prétendants à la suc-cession du vieux roi David. Bethsabée, une des épouses met un de ses fils sur orbite pour qu’il devienne roi.
Conquérir le pouvoir est un jeu à classer parmi les jeux dangereux. Une des rè-gles du jeu, c’est de tuer les concurrents ou bien politiquement ou bien physi-quement.

Trois frères ou demi-frères aînés au moins briguaient la place. Leurs luttes fratri-cides déblayèrent le terrain. Adonias, un des demi-frères de Salomon, survécut. Il se voyait déjà sur le trône quand Bethsabée intervint auprès du roi David et Salomon fut sacré en urgence. Une fois monté sur le trône, il ne lui restait plus qu’à liquider ses opposants, ce qu’il fit sans tarder.
Il y a des gens qui savent conquérir le pouvoir mais quand ils l’ont, ils ne savent pas s’en servir. Salomon est de ceux-là. Après avoir éliminé ses opposants, il doit s’occuper du peuple. Devant cette responsabilité, il se sent démuni. On ne joue pas avec le peuple. On ne le gouverne pas en le supprimant surtout quand ce peuple est le peuple de Dieu.

La prière de Salomon révèle qu’il a un moment de lucidité. : « Je suis un tout jeune homme incapable de se diriger…Donne à ton serviteur un coeur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple »
Bonne prière ! Elle fut exaucée. La sagesse de Salomon fut étonnante. Cela ne dura pas. Le naturel revient toujours et les possibilités que donne le pouvoir vin-rent à bout de sa sagesse. Il épousa les princesses païennes des pays voisins pour raison de développement économique. Et Dieu le congédia.

Conclusion : S’ajuster au projet de Dieu est possible au détour de toutes les si-tuations mais cet ajustement n’est jamais acquis une fois pour toutes. Il faut cul-tiver l’humilité, la vigilance.
De l’évangile, je retiens l’image du filet de pêche qui ramasse le bon et le moins bon. Il faut prendre le temps de s’asseoir et de faire le tri... sous le regard de Dieu.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

Abbaye du Port du Salut - 53260 Entrammes | tél : (33) 02 43 64 18 64 - fax : (33) 02 43 64 18 63

 
>>>>