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16e Dimanche B - Ephésiens 2, 13-18

*_Ephésiens 2,13-18_*

12 Souvenez-vous qu’en ce temps-là_, vous étiez sans Messie, privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde.
13 _Mais maintenant_, en Jésus Christ, vous qui jadis étiez loin, vous avez été rendus proches par le sang du Christ.
14 C’est lui, en effet, qui est notre paix : de ce qui était divisé, il a fait une _unité_. Dans sa chair, il a détruit le mur de séparation : la haine.
15 Il a aboli la loi et ses commandements avec leurs observances. Il a voulu ainsi, à partir du Juif et du païen, créer en lui un seul homme nouveau, en établissant la paix,
16 et les réconcilier avec Dieu tous les deux en un seul corps, au moyen de la croix : là, il a tué la haine.
17 Il est venu annoncer la paix à vous qui étiez loin, et la paix à ceux qui étaient proches.
18 Et c’est grâce à lui que les uns et les autres, dans un seul Esprit, nous avons l’accès auprès du Père.
19 Ainsi, vous n’êtes plus des étrangers, ni des émigrés ; vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la famille de Dieu.
20 Vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondation les apôtres et les prophètes, et Jésus Christ lui-même comme pierre maîtresse.
21 C’est en lui que toute construction s’ajuste et s’élève pour former un temple saint dans le Seigneur.
22 C’est en lui que, vous aussi, vous êtes ensemble intégrés à la construction pour devenir une demeure de Dieu par l’Esprit.

A propos de cette lecture :

_ Je propose de commencer la lecture par le verset 12. Cette lecture marquera davantage son lien entre « en ce temps là » et « maintenant ». On pourrait même lire jusqu’au verset 22. Ce verset indique le propos du texte :maintenant « vous êtes ensemble ».

Dimanche dernier, Paul invitait les chrétiens d’Ephèse à l’action de grâce pour la gratuité de l’amour dont ils sont l’objet de la part du Père. Dans le prolongement de cette action de grâce, l’Apôtre évoque le climat difficile dans lequel ils ont à construire cette communion et la rupture provoquée par l’intervention de Dieu dans le Christ.
La plupart sont venus « de loin » à la foi. Mais maintenant il n’ en est plus comme autrefois : ce n’est plus l’œuvre du hasard mais celle de Dieu qui a pris l’initiative par son Fils le Christ. Le passé est décidément révolu.
Dieu en a décidé ainsi par son Fils : tout est désormais nouveau, non par hasard mais par l’action, l’intervention de Dieu. : Les chrétiens ont à vivre en communion fraternelle avec des gens qui, par leur origine et leurs traditions juives, « étaient proches » du Dieu de l’Alliance.

Les versets 14-17 « développent le sens de l’action du Christ » qui réconcilie les extrêmes et unifie les oppositions. Il détruit la séparation et la cause de celle-ci cad la haine.
Il abolit les ordonnances de la Loi en vue de créer un seul nouvel homme.
Il réconcilie les uns et les autres en un seul corps.
En quoi consiste la paix que Christ apporte et réalise ?
V14 : c’est Lui –le Christ- qui est non seulement la paix mais aussi la réalise en faisant des deux un seul. Qui sont ces deux ? Israël et les Nations. Il y a une cloison, une clôture entre eux.
Cette cloison c’est la Loi, les prescriptions de la Torah de Moïse .

« Une double symbolique est en jeu : d’une part, une barrière dans le Temple de Jérusalem excluait les non-juifs des cours intérieures, sous peine de mort. D’autre part l’interprétation stricte de la Torah comme une haie protectrice contre toute impureté avait pour conséquence un particularisme intransigeant qui excluait les autres de l’accès à Dieu » (Mourlon Beernaert –Feu Nouveau 52-4)

Pour se faire comprendre, Paul fait ici allusion à l’organisation socio-politique des cités grecques : d’un côté des citoyens qui jouissent à part entière des droits civiques et de l’autre une classe
nouvelle vivant en marge de la société des citoyens libres. Si au plan des affaires ils bénéficiaient de la liberté, ils n’étaient pas pour autant intégrés dans la vie publique et ne disposaient pas du droit de vote.

Cette unité est le fruit de la destruction de la barrière infranchissable qui séparait le pur de l’impur, qui avait pour conséquence qu’on ne pouvait se fréquenter, s’approcher.
Les prescriptions de la Loi stipulaient de manière précise et stricte le pur et l’impur.
C’est une refonte des antagonismes que Christ va réaliser en son sang.
« Christ ne se contente pas d’ouvrir la barrière pour les Nations, plus encore il la détruit. Le Christ en abolissant dans et par sa chair le mur de séparation réduit à rien la Loi et supprime l’obstacle qui
empêche les Nations non seulement d’entrer dans le Temple mais d’avoir accès à Dieu, accès donné à tous et pour tous sur la croix » Ch. Reynier dans Epître aux Ephésiens pe93

La destruction du mur qui séparait le pur de l’impur entraîne avec elle la destruction de la haine
et rend ainsi possible la création d’un Corps nouveau (Corps des croyants), d’un peuple nouveau qui a sa source et son existence établie par celui qui est lui-même la Paix, paix qu’il introduit au
sein de l’humanité par sa croix.

La destruction de la haine –du mur de séparation- l’établissement d’un peuple nouveau, dans la paix ont leur origine dans le Christ et dans sa croix.

Le Christ attire à lui tous les hommes et toutes les Nations, grâce à l’Esprit, elles se rassemblent en un seul Corps auprès du Père.

« La paix et la réconciliation ont pour objet le libre accès auprès du Père pour les uns comme pour les autres. (Ch. Reynier).

Cette 2ième lecture résume le travail du vrai Pasteur. Il fait l’unité du troupeau qui jusqu’alors était divisé en deux. Et ce, au prix de l’engagement de toute sa vie, jusqu’à l’offrande de sa mort. Paul met
entièrement l’accent sur la façon dont cette « paix » est réalisée : par la croix. Là le pasteur livre à tous son corps déchiré par la haine, et le refus, de cette manière il fait surgir l’unité. Sur la Croix, un autre
tyran est destitué : « Il a aboli la loi et ses commandements avec leurs observances ». Désormais, la paix règne par le seul amour de Celui qui, sur une croix, s’est fait le réconciliateur, à la fois impuissant et tout-puissant de pardon de toutes nos discordes humaines

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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