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16e Dimanche A Sagesse 12/13.16-19

1ère lecture : Sagesse 12/13.16-19

22 Le monde entier est devant toi
comme un rien sur la balance,
comme la goutte de rosée matinale
qui descend sur la terre.
23 Pourtant, tu as pitié de tous les hommes,
parce que tu peux tout.
Tu fermes les yeux sur leurs péchés,
pour qu’ils se convertissent.
24 Tu aimes en effet tout ce qui existe,
tu n’as de répulsion envers aucune de tes œuvres ;
si tu avais haï quoi que ce soit,
tu ne l’aurais pas créé.
25 Comment aurait-il subsisté,
si tu ne l’avais pas voulu ?
Comment serait-il resté vivant,
si tu ne l’avais pas appelé ?
26 En fait, tu épargnes tous les êtres, parce qu’ils sont à toi,
Maître qui aimes la vie,
12
1 toi dont le souffle impérissable les anime tous.
2 Ceux qui tombent, tu les reprends peu à peu,
tu les avertis, tu leur rappelles en quoi ils pèchent,
pour qu’ils se détournent du mal,
et qu’ils puissent croire en toi, Seigneur

13 Il n’y a pas d’autre dieu que toi,
qui prenne soin de toute chose :
tu montres ainsi que tes jugements ne sont pas injustes.
15 Parce que tu es juste, tu gouvernes l’univers avec justice ;
tu estimes incompatible avec ta puissance
de condamner celui qui ne mérite pas d’être puni.
16 Ta force est à l’origine de ta justice,
et ta domination sur toute chose
te rend patient envers toute chose.
17 Il montre sa force,
l’homme dont la puissance est discutée,
et ceux qui la bravent sciemment, il les réprime.
18 Tandis que toi, Seigneur, qui disposes de la force,
tu juges avec indulgence,
tu nous gouvernes avec beaucoup de ménagement,
car tu n’as qu’à vouloir pour exercer ta puissance.
19 Par ton exemple tu as enseigné à ton peuple
que le juste doit être humain ;
à tes fils tu as donné une belle espérance :
après la faute tu accordes la conversion.

A propos de cette lecture :

Le Livre de la Sagesse, écrit au premier siècle avant Jésus Christ, est le plus tardif des livres du Premier Testament.
L’auteur est un juif anonyme, un croyant ardent, fier de son appartenance au peuple élu.
Sa foi est profondément enracinée dans le culte du Dieu unique et sa morale allergique au laxisme et à l’immoralité des cultes païens.
Il tente de montrer que c’est folie d’aller chercher ailleurs ce que la sagesse divine a fait découvrir tout au long de l’histoire de son peuple.
Selon une convention reçue dans les milieux littéraires de l’époque, il se présente comme Salomon, le roi sage et juste par excellence.
L’auteur aborde une question de tous les temps ; le bien et le mal son inextricablement entremêlés, pourquoi Dieu tolère-t-il la prospérité des méchants, pourquoi tolère-t-il l’injustice ? Pourquoi Dieu à l’entrée en Terre promise n’a-t-il pas exterminé d’un coup tous ses ennemis ?
Ce sage va tenter de répondre à ces questions. Il invite ses frères à ne pas chercher ailleurs des réponses, sachant que la sagesse divine est assez riche pour y répondre, et d’ailleurs, elle a déjà abondamment manifesté combien il est un Dieu de sagesse et ami des hommes.
Jésus apportera une réponse, pourrait-on dire « définitive » en acceptant d’être victime : sa mort sera ferment d’une vie nouvelle et sa réponse au mal.

Les premiers versets du chapitre donnent le ton :
« 12. Oui, ton Esprit impérissable est en tout !
Ainsi le souffle de vie de Dieu est répandu sur toutes les créatures. La Vulgate traduit ce verset : « comme il est bon et doux, Seigneur, ton esprit en tous les êtres »
Ces quelques mots résument le contenu du livre de la Sagesse qui exprime ce qu’est la Sagesse et son œuvre dans l’histoire depuis le tout début de la création.
C’est à travers l’histoire, l’évolution des société, que Dieu va se révéler et que les peuples apprendront à le connaître.

Dans une prière, l’auteur s’exprime à la deuxième personne sous la forme d’une action de grâce, tout émerveillé de la tolérance et de la patience de Dieu.
Dieu n’emploie pas sa « puissance », comme font les humains, pour dominer et pour détruire les pécheurs. A travers l’histoire de l’Exode l’auteur revient sur la patience, la miséricorde que Dieu a manifestées à l’égard de son peuple. Dieu favorise la croissance de la liberté et de la conscience humaine, dans le respect de toutes les ressources qu’il a mises en l’homme.
L’auteur « prend sept situations qu’il présente en antithèse, opposant les Israélites aux Egyptiens. Dans cette fresque historique, le sage a inséré une réflexion sur l’exercice de la justice divine et une seconde sur le culte des idoles (13,1-15,19) » Feu Nouveau 4-96
V.10 : Pour Dieu il a toujours place au repentir : face à l’adversité sa miséricorde n’en est que plus grande. Telle est la modération de Dieu envers Canaan. Celle-ci n’est pas faiblesse mais expression de sa puissance. Mais quand le Sage parle de la « puissance » de Dieu, il la caractérise comme une source de justice.
La « puissance » est décrite comme une attitude qui, au cœur de Dieu, prend soin de chacun, surtout des plus faibles. La toute puissance de Dieu se révèle dans une attitude de bonté, de patience et de tendresse dans ses jugements. Sa puissance, il la transforme en amour.
Sa puissance est sa vulnérabilité même, car il se laisse toucher et émouvoir à la vue de nos pauvretés.
Il reste celui qui nous donne toutes nos chances de devenir vraiment humains. La patience de Dieu va au-delà du seuil de nos tolérances. En prenant patience « Dieu favorise la croissance de la liberté et de la conscience humaine, dans le respect de toutes les ressources qu’il a mise en l’homme. » A.R Cette patience de Dieu se fonde sur la liberté qu’il nous a donnée. A chacun, il offre un délai, des chances de conversion. Dès lors, le croyant n’a ni à se prendre au sérieux, ni pour un « pur ». Il est appelé, tel qu’il est, à collaborer à la promotion du Royaume, du Règne de l’amour.
Et pourtant, dit-il au verset 17, la patience de Dieu a des limites face à ceux qui la bravent. Et cependant, sa patience va au delà de nos limites et sans cesse il donne une chance : « tu juges avec modération » v 18
« Il y a ici la double découverte du peuple d’Israël : sa découverte sur Dieu, sa découverte sur l’homme. Tout d’abord au long des siècles, le regard des croyants sur Dieu s’est peu à peu transformé : on a appris que Dieu est tendresse, douceur et pardon… Du coup- et c’est le deuxième aspect de la foi d’Israël – le regard sur l’homme change, et avec le regard, l’idéal humain change. Si Dieu n’est qu’amour et tendresse et que nous sommes créés à son image, il nous faut abandonner peu à peu toute idée de violence et de puissance : « par ton exemple tu as enseigné à ton peuple que le juste doit être humain. » L’intelligence des Ecritures –A2-N Thabut pe227

Cette parole de la Sagesse nous atteste l’universelle miséricorde de Dieu, décrite en termes de modération. Son universelle puissance est celle de l’amour compatissant envers tous. Son alliance et sa réconciliation restent toujours offertes. Ses prévenances envers toutes les créatures, son respect de toute liberté annoncent la Bonne Nouvelle de la tendresse du Père manifestée en Jésus.
Cette parole de Sagesse nous invite à une double conversion : celle d’un regard sans cesse renouvelé, émerveillé d’un Dieu d’amour « irrémédiablement inaccessible à notre intelligence ». Ce regard sur Dieu et sa conduite, devenir à notre tour pleinement humain à la manière de Dieu, dans la patience, la foi dans l’homme quel qu’il soit, à croire à l’amendement du pécheur, en osant lier sa conversion à la mienne, sans jamais pouvoir me désolidariser de lui, tout comme Dieu a voulu dans son Fils être solidaire de tout homme quel qu’il soit.
Si quelqu’un demande, pourquoi Dieu a supporté durant tant de milliers d’années cette imperfection et cette déchéance dans son culte, pourquoi il n’a pas veillé plus tôt à sa gloire et à notre salut, rendons-nous compte que l’objection faite ici revient à demander pourquoi les hommes naissent à l’état de petits enfants. Le culte de Dieu et la vraie religion sont nés dans le monde à l’état de germe, et comme un petit enfant, à cause de l’imperfection et de l’inaptitude première de l’ensemble des hommes » Guillaume d’Auvergne.

« Si le ferment ne fait pas lever la pâte, comment est-il ferment ? si un parfum n’embaume pas ceux qui approche, pouvons-nous l’appeler un parfum ? Ne dis pas : il est impossible de mouvoir les autres, car si tu es chrétien, il est impossible qu’il ne se passe rien. Cela fait partie de l’essence même du chrétien, et il serait aussi contradictoire de dire qu’un chrétien ne puisse être utile à son prochain que de dénier au soleil la possibilité d’éclairer » St Jean Chrysostome

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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