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15e Dimanche C 1ère lecture : Deutéronome 30/10-14

1ère lecture : Deutéronome 30/10-14

Suggestion : Lire à partir du verset 9
jusqu’au verset 16 inclus.

9 Le Seigneur te comblera de bonheur en toutes tes œuvres : il fera fructifier ta famille, ton bétail et ton sol ; oui, de nouveau le Seigneur prendra plaisir à ton bonheur, comme il prenait plaisir au bonheur de tes pères, 10 pourvu que tu écoutes la voix du Seigneur ton Dieu, en observant ses commandements et ses décrets inscrits dans ce livre de la Loi, et que tu reviennes au Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme. 11 Car cette loi que je te prescris aujourd’hui n’est pas au-dessus de tes forces ni hors de ton atteinte.
12 Elle n’est pas dans les cieux, pour que tu dises :
« Qui montera aux cieux nous la chercher ? Qui nous la fera entendre, afin que nous la mettions en pratique ? »
13 Elle n’est pas au-delà des mers, pour que tu dises :
« Qui se rendra au-delà des mers nous la chercher ? Qui nous la fera entendre, afin que nous la mettions en pratique ? »
14 Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique.
15 Vois ! Je mets aujourd’hui devant toi ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur. 16 Ce que je te commande aujourd’hui, c’est d’aimer le Seigneur ton Dieu, de marcher dans ses chemins, de garder ses commandements, ses décrets et ses ordonnances. Alors, tu vivras et te multiplieras ; le Seigneur ton Dieu te bénira dans le pays dont tu vas prendre possession.

A propos de cette lecture :

Le Deutéronome – ce qui traduit Deuxième Loi- est un recueil de traditions élaborées tout au long du séjour du peuple de Dieu durant sa traversée du désert. Ecrit vers les années 700 avant le Christ, il est une relecture de la Loi du Sinaï faite par des Lévites, « à partir de documents qui avaient échappés à la destruction du sanctuaire de Béthel lors de la prise de Samarie par Sargon II vers l’an 722. Ce document précieux fut déterminant pour une tentative de renouveau religieux à la veille de l’Exil à Babylone, sous le règne de Josias, mais il fut emmené lors de la déportation où il subit des remises à jour, au creuset de ce long temps d’épreuve. Ramené à Jérusalem au retour de la Déportation, 586, il fut au point de départ de la restauration du culte sur la Montagne de Sion » A. Ruelle.

L’extrait du Deutéronome met en scène le peuple hébreu, sur le point d’entrer et de prendre possession de la « terre promise, » avec Moïse, son leader.
Tu écouteras la voix du Seigneur ton Dieu : sa Parole sera tout près de toi, tu aimeras, et le Seigneur ton Dieu te donnera le bonheur. Ainsi pourrait-on résumer cette péricope du 15e dimanche. Le meilleur catéchisme ne pourra jamais remplacer le cœur à cœur auquel Dieu nous appelle et désire vivre avec l’homme. Le Christ n’a fait que confirmer cette annonce du Deutéronome.

Notons certains mots qui reviennent et donnent le ton de ce passage :
· écoute la voix….aujourd’hui… ( apparaît plus de 60 fois dans le Deutéronome.)
· reviens…de tout ton cœur…dans ton cœur.
· la Parole est toute proche de toi, elle est…

Le v. 14 « Elle est tout près de toi cette Parole… » personnifie la Parole ; ce verset est aux sources de la doctrine du Verbe qu’on retrouve :
en Jn. 1, 1-2.12-14 : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. […]Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu. Et le Verbe est devenu chair. »
et, en Romains 10,5-8 : « Moïse écrit en effet de la justice née de la Loi qu’en l’accomplissant l’homme vivra par elle, tandis que la justice née de la foi, elle, parle ainsi : Ne dis pas dans ton cœur : Qui montera au ciel ? Entends : pour en faire descendre le Christ ; ou bien : Qui descendra dans l’abîme ? Entends : pour faire remonter le Christ de chez les morts. Que dit-elle donc ? La parole est tout près de toi, sur tes lèvres et dans ton cœur, entends : la parole de la foi que nous prêchons. »
Le mystère de cette Parole est d’être dans la bouche et dans le cœur. Le Dieu de la Loi ne transmet pas des commandements avec autorité écrasante, « dans une inaccessible volonté », il est le Dieu du dialogue qui s’adresse à l’homme et qu’il faut écouter pour que la Parole puisse produire le fruit qu’elle en attend : « à ceux qui l’ont reçu il a donné de devenir enfant de Dieu ».
« A quiconque reçoit le Verbe venu parmi les siens, le joug de cette Parole paraîtra léger, et il n’y aura qu’un bref instant entre l’écoute et la réalisation, entre les oreilles et les lèvres,…entre les oreilles et les mains » Maertens-Frique.

Dans le Deutéronome, ce passage fait allusion au moment d’entrer dans la Terre Promise et Moïse s’adresse au peuple hébreu et lui fait prendre conscience de l’importance de l’événement qui est en train de se réaliser : le don que Dieu fait à son Peuple. Moïse s’adresse une dernière fois au peuple et lui livre ce que l’on pourrait appeler son testament spirituel. Comme Jésus le soir du jeudi saint livre à ses apôtres son testament : « faites ceci en mémoire de moi ». C’est en fait ce que Moïse a vécu durant toutes ces années de désert, continuellement à l’écoute du Seigneur et de son peuple.
Un passage d’une étonnante densité qui montre la route à suivre et en même temps met en garde contre les voies sans issues. « Ce que je te commande aujourd’hui, c’est d’aimer le Seigneur ton Dieu, de marcher dans ses chemins, de garder ses commandements, ses décrets et ses ordonnances. Pourvu que tu écoutes la voix du Seigneur ton Dieu, en observant ses commandements. »

Il ne s’agit pas d’une redite de la Loi mais d’une réactualisation et d’un engagement de toute la communauté des Hébreux, une invitation au peuple à exprimer et vivre sa foi d’une manière concrète, dans la nouvelle situation qu’ils vont découvrir. La loi exprime le projet d’amour de Dieu pour le bonheur de son peuple. C’est un chemin d’amour que Dieu lui propose dans une relation personnelle avec lui. L’intériorisation à laquelle il est invité va lui faire découvrir l’Alliance Nouvelle qui sera scellée dans le sang du Christ. Cette Alliance nouvelle : « Je mettrai ma Loi au fond de leur être et l’écrirai sur leur cœur. » (Jr. 31,33). « Je leur donnerai un cœur de chair à la place d’un cœur de pierre. » (Ez. 11,19)… « Le Seigneur ton Dieu te circoncira le cœur. » (Dt. 30, 6).

Cette Loi n’est ni trop haute, ni au delà de nos forces. Il ne s’agit pas d’observances aveugles mais la loi est désormais au cœur de l’homme, « cela signifie la libre adhésion à la Loi, reconnue comme source de vie, comme bénéfique…Israël ne doit donc pas dire que la Loi est dans le ciel, v12, c.a.d. un inaccessible mystère divin gardé caché…La loi est aussi dans son cœur signe que le partenaire du Seigneur dans l’Alliance intègre la Loi et la fait sienne » Philippe Thielens, dans Feu Nouveau 56.4.
Cette nouvelle étape de la vie du peuple de Dieu ne peut se réaliser que dans un engagement réciproque. Il suppose bien sa liberté : ils peuvent accepter ou refuser l’offre que Dieu leur fait dans sa Parole. Adhérer à la Parole de Dieu n’est jamais une obligation, mais un libre choix.
Tels sont les accents nouveaux de ce renouvellement de l’Alliance déjà affirmé en Dt. 1 à 4.

Ce texte nous interpelle aujourd’hui.
Il nous rappelle que nous avons souvent à faire des choix, à donner notre avis et à les assumer.
Faisons le bon choix !
Mais, qu’est-ce qui nous tient à cœur ? Voilà une belle expression à prendre au pied de la lettre !
Choisissons-nous vraiment avec le cœur ? Mais, qu’est-ce qui nous tient à cœur ?

L’appel à la vie auquel nous sommes invités, c’est ensemble que nous pouvons y répondre.
C’est au sein d’une famille et d’une communauté que nous lui donnons chair. C’est ensemble que nous nous mettons en marche à la suite de Jésus, frère des hommes, et Christ ressuscité.
Choisir la vie c’est aller dans la cité, aller au cœur du monde, là où bat le cœur des gens. Allons-y, avec confiance, pour que toute forme de vie soit respectée, pour que la vie ne soit pas gaspillée.
Choisir la vie, c’est accepter de remettre des priorités, de se remettre en question, d’interpeller notre entourage ; c’est prendre part à la construction d’un monde meilleur, d’une société plus juste.
Jésus nous dit : « Je suis le chemin, je suis la vie ».

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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