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15e Dimanche A Isaïe 55, 10-11

Isaïe 55, 10-11

6 Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver ;
invoquez-le tant qu’il est proche.
7 Que le méchant abandonne son chemin,
et l’homme perfide, ses pensées !
Qu’il revienne vers le Seigneur
qui lui montrera sa miséricorde,
vers notre Dieu
qui est riche en pardon.
8 Car mes pensées ne sont pas vos pensées,
et vos chemins ne sont pas mes chemins,
– oracle du Seigneur.
9 Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre,
autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins,
et mes pensées, au-dessus de vos pensées.
10 La pluie et la neige qui descendent des cieux
n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre,
sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer,
donnant la semence au semeur
et le pain à celui qui doit manger ;
11 ainsi ma parole, qui sort de ma bouche,
ne me reviendra pas sans résultat,
sans avoir fait ce qui me plaît,
sans avoir accompli sa mission.

A propos de cette lecture :

Ce passage d’Isaïe, 55, 9-10, termine le Dt-Is., ch. 40-55, appelé Livre de la Consolation ; il est daté entre 550 et 536. La prophétie se situe alors que Cyrus, chef perse, va de victoire en victoire et menace Babylone et la région.
Sous la forme d’un long poème, Dieu, par son prophète, annonce qu’il va libérer son peuple et le ramener de son exil. Le prophète voit la réalisation des promesses de Dieu se profiler à l’horizon et, lisant les signes, il apprend à espérer et découvre la solidité des promesses de Dieu et, à travers elles, l’efficacité de sa Parole.
A ce moment-là, le peuple pouvait avoir toutes les raisons de mettre en doute la Parole de Dieu car l’exil pouvait être interprété comme la mise en question du dessein de Dieu et porter un démenti aux promesses de Dieu. « L’exil pose donc un problème théologique, un problème de foi : Yahvé est-il encore le Dieu qui sauve, reste-t-il fidèle à ses promesses ? Est-il , e l’histoire ? Israël doit retrouver sa foi en la parole de Dieu et ne pas mettre en doute son élection : il doit se savoir aimé de Dieu et, en sécurité, à l’ombre de sa fidélité. Yahvé a gardé le silence pour un temps mais maintenant il va donner de la voix. […]
Du début à la fin, le Dt.Is. affirme que la parole de Yahvé dirige l’histoire du monde…tout passe mais la parole de Dieu demeure toujours ». Maggioni dans Ass du Seigneur 46 p.5et 7

Les premiers versets, (1-5), s’adresse au peuple, lui annonce une joyeuse nouvelle « qui prend appui sur l’alliance faite autrefois avec la maison de David, mais étendue maintenant à tout le peuple et qui se prolonge par l’assurance de l’exaltation d’Israël sur toutes les nations.

Les versets 6-8 sont une invitation à aller à la recherche du Seigneur dans la prière, la conversion, l’écoute de sa Parole, pour ainsi découvrir qu’il est le Dieu qui ne se lasse pas de pardonner. Un Dieu à l’antithèse de nos pensées et des voies que nous prenons. Aussi le prophète insiste sur l’urgence de la conversion tant est important et urgent l’appel du Seigneur. Laissez-vous séduire par l’amour de Dieu, par sa Parole et correspondez à ce qu’il attend de vous pour votre bonheur et pour cela entrez dans le mouvement de conversion qui progressivement vous rendra libres.
Les exilés vont refaire l’expérience d’un Dieu qui est proche de tous ceux qui l’invoquent, qui se laisse trouver par ceux qui le fréquentent. Invités à s’alimenter aux sources de la gratuité de la Parole ils y puiseront une nourriture solide qui leur fera vivre une foi authentique. Le temps de la proximité de Dieu est le temps de la repentance des humains. Ses chemins n’empruntent-ils pas les nôtres ?

Dans les deux derniers versets (10 et 11), le prophète illustre son propos à l’aide d’une image empruntée à la météorologie : le phénomène de la pluie et la neige qui arrosent et fécondent la terre, la nature et toutes les cultures. La Parole de Dieu est féconde pour l’homme : elle lui fournit tout pour qu’elle porte du fruit : la semence, la croissance et le pain. Dieu envoie sa Parole et elle lui revient une fois sa mission accomplie : la neige et la pluie suggèrent un travail lent et silencieux, elles disparaissent mais seul le fruit reste comme preuve de l’abondance et de la puissance fécondante de sa parole.
L’efficacité, la fécondité de la Parole de Dieu, ici personnifiée, est aussi infaillible que celle de la pluie et toujours disponible. Comme son Envoyé, elle accomplit jusqu’au bout ce qu’elle dit, elle fait toujours ce qui lui plaît, c’est-à-dire créer fidèlement une histoire d’alliance entre elle et le peuple.

A la lumière de la péricope évangélique de ce jour, la parabole du semeur, Jésus parle de la Parole. Elle est créatrice, vivante, elle donne la vie, le Christ ; les terrains sont des êtres vivants qui accueillent la Parole ; la germination, un enfantement, un engendrement avec tout ce que cela implique de patience ; l’Esprit est l’agent de la germination. C’est toute la création qui est concernée par l’action du semeur. La Parole créatrice accompagne l’homme tout au long de sa route : « ma parole qui sort de ma bouche ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir accompli sa mission. »

La Parole de Dieu, en effet, a accompagné et dirigé toute l’histoire du peuple de Dieu. Mais la création n’est pas faite une fois pour toutes, elle est toujours à l’œuvre. La Parole de Dieu exécute ses desseins comme à l’origine de la création. Son œuvre depuis l’origine n’a pas fini de transformer toute la terre et le cœur des hommes.
Jésus a été façonné par cette Parole : « elle dit ce que Dieu veut et elle fera ce que Dieu dit … Ma nourriture c’est de faire la volonté de mon Père » c.à.d. être fidèle à son Esprit, à sa Parole. Les hommes passent et la puissance de la Parole de Dieu se manifeste dans l’histoire des hommes. Ainsi Dieu parle à l’homme au moment de là vie où il se trouve, accueillie, elle est vivante, source de vie.

Encore maintenant, à un peuple qui se met à douter de la fidélité de Dieu à sa Parole, le prophète rappelle, par-delà l’apparente déconvenue, que Dieu a sa façon à lui de tenir parole. Il faut prendre le risque de continuer à lui faire confiance.
Toujours, il nous faut désirer rester en état de disponibilité à cette Rencontre avec le Seigneur, nous mettre à son écoute, laisser sa Parole pénétrer, nous laisser apprivoiser pour entrer dans le mouvement de conversion dans lequel elle nous entraîne.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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