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15e Dimanche A

15ème Dimanche du T.O. –A- (TOL)

Chassé de la Terre Promise par les troupes de Nabuchodonosor, roi de Babylone et exilé en Chaldée, le peuple élu se découvre exclu de l’Alliance par son Dieu et évacué de l’Histoire par les hommes. Avec le temps, les exilés ne peuvent s’empêcher de regarder leur nouveau cadre de vie, la plaine de la Mésopotamie arrosée par deux fleuves, le Tigre et l’Euphrate. C’est autre chose que les collines arides autour de Jérusalem… Un vrai paradis terrestre !
En regardant ce qu’il avait sous les yeux, un prophète, disciple d’Isaïe, observe que la verdure des jardins de Babylone vient de la rencontre de deux éléments essentiels, la terre et l’eau. L’eau permet à la terre d’être féconde. Pour que l’Alliance entre Dieu et son peuple reprenne visage, il faut que la Parole de Dieu rencontre le cœur de l’homme.
Après des années d’exil, Dieu estime que le peuple est maintenant en capacité de la recevoir. « Ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. »
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Quelques siècles plus tard, en Galilée, Jésus sort de la maison, s’installe dans une bar-que sur lac de Tibériade et partage à la foule ce qu’il a observé.
Pour qu’il y ait une moisson, il faut une semence, un semeur et une terre. L’expérience montre que si la terre cesse d’être travaillée, elle devient vite une lande inculte. Dans nos régions, comme en Galilée, la terre est toujours porteuse d’une multitude de graines qui deviennent des fleurs que l’on dit sauvages et des herbes que l’on dit mauvaises. Ces graines sont apportées sans discernement par le vent et les oiseaux. Elles profitent de la première pluie pour se manifester.
Avant de jeter sa semence, le semeur doit donc travailler la terre, sinon le développement de la semence est neutralisé par la pierraille, les ronces et les oiseaux sont toujours prêts à s’en nourrir. Il arrive aussi que la semence tombe sur une bonne terre.

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Ce jour-là, il y avait donc autour de Jésus la foule. Certains dans cette foule étaient devenus disciples. Parmi eux, Jésus en avait choisi douze qu’il appela apôtres.
La foule a entendu la parabole, les disciples ont demandé et reçu les explications. A partir de là, sur le terrain, comment les choses ont-elles marché !?
En suivant Jésus, les apôtres étaient pleins de projets. Ils avaient prise sur l’avenir. Un certain vendredi soir, tout s’est effondré. Leur maître a été crucifié.
Au matin du premier jour de la semaine, deux femmes découvrent que des gardiens ont été affectés à la garde du tombeau par les autorités religieuses. Ils sont toujours là mais le tombeau est vide. Une parole est adressée aux deux femmes : « Il n’est pas ici car il est ressuscité. » (Mt 28,6 ). Cette parole n’était pas une semence parmi d’autres, c’était LA semence qui allait bouleverser l’humanité. Ce matin-là, sur quel terrain est-elle tombée ?

Les gardes font leur rapport aux autorités qui rédigent la vérité officielle : « Vous direz que ses disciples sont venus voler le corps. » (Mt 28, 13.) Informé, Jean voit et il croit. Pierre reste perplexe. Thomas rejette la nouvelle. Jésus se présente aux apôtres en montrant ses plaies. C’est bien lui ! Si certains croient d’autres ont des doutes. Ils finissent par être convaincus mais ils n’osent pas le dire.
Il faudra attendre le souffle de la Pentecôte pour que la semence sorte du grenier, que les apôtres ouvrent les portes qui les tenaient enfermés et proclament à tous les habitants de Jérusalem que celui qu’ils ont crucifié est vivant.
Il aura fallu que l’Esprit de Dieu vienne labourer l’intelligence du cœur des apôtres.

Il n’est pas dit qu’en ces jours-là, les apôtres se soient souvenus de la parabole du semeur. On peut dire après coup que leur cœur était trop endurci ou encombré pour accueillir la nouvelle.
Le jour de la Pentecôte, ils sont devenus semeurs. A leur tour, ils jettent la semence à tout vent et elle rencontre toutes les catégories de terrains qu’on peut imaginer.

Parmi les semeurs, on ne peut oublier Paul. Sa parole rencontrera une résistance organisée. Un jour, il écrit à l’Eglise de Rome. Elle est constituée de Juifs convertis mais pas tout à fait détachés de la synagogue, et de païens convertis qui louchent encore vers les idoles. Paul écrit ceci : « La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu (…) La création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. Et elle n’est pas seule. Nous aussi en nous-mêmes, nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint, mais nous attendons notre adoption et la rédemption de notre corps. »

La création attend la semence et elle la refuse. Notre cœur attend la Parole et il la refuse. « Nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint. » Son travail n’est pas fini. Sans cesse, il laboure nos résistances.
Depuis notre baptême et notre confirmation, nous restons la terre qui reçoit la semence dont le monde a besoin. Nous sommes appelés à devenir les semeurs qui la jettent la semence à tout vent.
Laisser à l’Esprit l’entière liberté de labourer notre cœur ! On peut hésiter devant le chantier mais les perspectives qu’annonce le Psaume 64 sont encourageantes.
« Tu visites la terre et tu l’abreuves… Tu prépares la terre, tu arroses les sillons … Sur ton passage ruisselle l’abondance.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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