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14e Dimanche A

6 juillet 2014
14ème Dimanche du T.O. –A-

D’une infidélité incurable, les habitants du royaume d’Israël ont été emmenés en exil (722 avant J.C) par les Assyriens (Irak du nord). Ceux du royaume de Juda pas plus fidèles ont été exilés par les Chaldéens (Irak du sud) –(597 av. J.C.). Puis, sont venus les Perses et les Mèdes (l’Iran), avec le roi Darius. Lui, il a ouvert un chemin de reconstruction (538 av. J.C.). Le peuple a retrouvé sa terre mais il reste découragé et recommence à déraper. Maintenant, nous sommes en 333 avant J.C. et voilà Alexandre le Grand, roi de Macédoine, qui développe ses conquêtes dans toutes les directions.
Évidemment, la Palestine est concernée.

Cela fait donc quelques siècles que le petit reste de croyants de Palestine attend que Dieu reprenne les choses en main. Que fera ce roi Alexandre ? Il sera moins brutal que ses prédécesseurs mais tout aussi dangereux pour la foi.
Avec persistance, le peuple de Dieu se raccroche à l’espérance d’une intervention divine, qu’il ne peut imaginer que militaire. Dans sa 2ème partie, le livre de Zacharie répond à cette attente du peuple mais d’une manière qui relève de la provocation.

On ne peut guère imaginer ce que seraient aujourd’hui les commentaires des journaux si un Président de la République, nouvellement élu, descendait les Champs Élysées, en mobylette, le jour de son installation officielle, pour être acclamé par la foule ! C’est un peu ce qu’annonce le prophète Zacharie : « Voici ton roi qui vient à toi : il est juste et victorieux, pauvre et monté sur un âne, un ânon le petit d’une ânesse. »
Est-ce un reportage ou une caricature ?

Ce roi est envoyé précisément pour sauver le peuple de Dieu. Des références sont encourageantes : il a déjà livré des combats qui ont eu une issue heureuse : « Il est juste et victorieux » ; mais, comme on dit aujourd’hui, il n’a pas les moyens de sa politique : « Il est pauvre. » Et il ne s’en cache pas. Il n’a pas assez d’argent pour se payer un cheval, le cheval étant le symbole de la puissance militaire. Un âne, c’est encore trop cher ; un ânon fera l’affaire. L’âne, c’était la monture des pauvres, tout juste bonne pour aller au marché faire ses courses.

Ce que Dieu dit prend toujours au dépourvu. Mais ce qu’il dit, est dit : « Voici ton roi qui vient à toi. » Et ce roi vient avec un projet : « Ce roi fera disparaitre d’Ephraïm (le royaume du nord) les chefs de guerre et de Jérusalem (le royaume du sud) les chars de combat (des armées étrangères sans doute) ; il brisera l’arc de guerre et il proclamera la paix aux nations. » Ce roi ne sera pas un doctrinaire de l’antimilitarisme. Le peuple de Dieu, ayant retrouvé son unité, sera source de paix pour toutes les nations.

Alexandre le Grand meurt très jeune. Ses officiers se partagent son empire et s’éliminent mutuellement. Les Romains en profitent, arrivent en Palestine et font sentir le poids de leur administration. Il faut encore attendre un Sauveur !

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Ce Sauveur est enfin venu. C’est Jésus. Au début, son message n’accroche pas. Jean Baptiste a comme des doutes sur lui. « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » (11,3). Deux villes, au bord du lac de Tibériade, ont été témoins de ses miracles mais leur cœur reste fermé. Jésus aurait des raisons de déprimer mais le voici qui s’adresse à son Père non pas pour se plaindre mais pour rendre grâce. : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange. »
En ce moment difficile, Jésus affirme son absolue confiance à son Père. Il reste heureux d’être à son service. Voilà une attitude que nous pouvons contempler.

« Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. » Ceux qui veulent rester enfermés dans leurs raisonnements sont incapables d’imaginer ce que peut être la relation qui unit Jésus à son Père. « Personne ne connaît le Fils sinon le Père et personne ne connaît le Père sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. »

« Venez à moi, devenez mes disciples. » Devenez ce que je suis : « Je suis doux et humble de cœur. » Jésus est celui qu’annonçait Zacharie et que décrivait déjà le psalmiste : « Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour. »(Ps 144)

Connaître Jésus est un don offert à tous mais pour le connaître, il faut se débarrasser de toutes les ambitions qui ne sont qu’humaines. Véritable exercice de pauvreté !

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Les premiers chrétiens ont buté sur cet exercice. Dans sa lettre aux Romains, Paul leur rappelle ce qui s’est passé dans leur vie au jour de leur baptême. « Vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair mais sous celle de l’Esprit. »
Quand on dit d’une personne qu’elle est sous l’emprise de la drogue, d’un gourou, d’une secte, on comprend que quelqu’un d’autre oriente ses décisions.

Les baptisés d’aujourd’hui, où qu’ils soient à travers le monde, sont les héritiers d’une longue histoire mouvementée. Le peuple de Dieu a été tenace dans son infidélité et Dieu sans cesse l’a remis debout.
Aujourd’hui comme hier, le baptisé se veut disciple de Jésus, vivant sous l’emprise de l’Esprit. Aujourd’hui comme hier, cela ne se fait pas sans combat. Quand il accep-te que l’Esprit s’empare de sa vie, il est uni à Dieu tout en gardant les pieds sur terre. Après tous les tâtonnements qu’on peut imaginer, il sait discerner ce qu’il convient de dire ou de faire. Un psaume (24, 12) dit :
« Est-il un homme qui craigne le Seigneur ?
Dieu lui montre de chemin qu’il doit prendre. »

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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