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13ème Dimanche du T.O. –C

27 juin 2010

1 R. 19,16,19-21
Gal.5, 1, 13-18 Lc 9, 51- 62

Nous sommes vers 860 avant J.C. Depuis un quart de siècle, les rois d’Israël (ca-pitale Samarie) ont développé la vie économique de leur pays grâce à une politique d’alliance avec les Etats voisins.
Cette politique a son couronnement avec Achab, (roi de Samarie), qui épouse Jézabel, fille du roi de Tyr (côte méditerranéenne). Ce roi de Tyr est prêtre au service du dieu Baal.
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Ce Baal est le dieu de la fécondité et de la fertilité. Devenue l’épouse d’Achab, Jézabel a vite fait de convaincre son mari de la nécessité d’introduire son culte à Samarie. Croissance économique oblige ! Le vrai Dieu devient un dieu parmi les autres.
Elie dénonce la manœuvre, organise le massacre de 450 prophètes de Baal et doit s’enfuir. Sur la montagne de l’Horeb (Sinaï), Dieu lui fait découvrir qu’il pré-fére la douceur à la violence. Elie devra réviser sa pastorale. Désormais il sera accompagné par Elisée. Qui est Elisée ? Un homme de la terre.
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Elisée était heureux avec ses bœufs. Il était heureux sur sa terre. Le soir tombait et il finissait de labourer son champ. Et voilà qu’Elie, le prophète, passe par là et même vient vers lui. Il jette son manteau sur les épaules d’Elisée.

De tout temps, certaines tenues vestimentaires sont signe d’une responsabilité particulière. Le port illégal d’uniforme est un délit. Dans la culture de l’époque, donner son manteau de prophète à un autre, c’est transmettre sa mission.

Elie aurait pu organiser une petite célébration pour cette transmission de pou-voir. Fatigué, désinvolte ou désabusé, il jette son manteau sur Elisée et continue sa route. Elisée comprend qu’il doit endosser désormais la responsabilité du pro-phète. Dieu avait dit à Elie : « Tu consacreras Elisée, fils de Shafate, comme prophète pour te succéder. »

Le plus souvent, ceux qui deviennent prophètes ont des visions. Dieu prend con-tact directement avec eux. Ici, l’appel est fait par un autre prophète. Dans un premier temps, Elisée sera le serviteur d’Elie.

Elie découvre le réalisme de la rupture qui va se faire dans sa vie. Il lui paraît normal de prendre le temps de dire adieu à ses parents. Ce délai ne convient pas à Elie qui annule sa démarche. « Va-t-en, retourne là-bas ! Je n’ai rien fait. » Traduction : Puisque tu tardes à répondre, reste donc avec tes bœufs. »

Elisée comprend que la mission ne souffre pas de délai. Il retourne chez lui, non pour dire adieu à ses parents mais pour brûler son attelage, offrir ses bœufs en sacrifice et partager la viande aux gens de sa maison. N’ayant plus aucune atta-che, il est libre pour suivre Elie.
*
Tout au long des siècles, Dieu appelle des hommes, des femmes pour prendre soin de son peuple. Toutes ces réponses aux appels préparaient la venue du Sau-veur. Environ 9 siècles plus tard, voici Jésus, le Sauveur annoncé.
Aujourd’hui, il fait un choix décisif : il prend la route de tous les dangers et de toutes les ruptures, il va à Jérusalem pour témoigner de sa fidélité à son Père et remettre d’aplomb le cœur de l’homme.

Avec la petite troupe qui le suit, il envisage de traverser la Samarie et il envoie une avant-garde pour préparer le cantonnement mais les Samaritains ne veulent pas accueillir cette bande de Galiléens pour le motif qu’elle va à Jérusalem.
Les gens de Jérusalem ne veulent pas avoir de relations avec les Samaritains. La réciproque est vraie. La route est coupée. Voilà un incident bienvenu. Jésus a une bonne excuse pour ne pas aller à Jérusalem.
Jacques et Jean proposent de faire intervenir le feu du ciel pour détruire ces vi-lains Samaritains mais Jésus refuse comme il interdira à ses disciples de se ser-vir de l’épée pour empêcher son arrestation (Lc 22,49). La mission qu’il a reçue de son Père ne peut pas être annulée. Il ira à Jérusalem, par un autre chemin.

Se soumettant lui-même aux exigences de son Père, il est exigeant envers qui-conque entreprend de le suivre. A partir du comportement d’Elisée et celui de Jésus, on peut dégager quelques aspects de tout appel qui vient de Dieu.

1). Elisée était content de sa journée. Il reçoit l’appel au milieu de ses occupa-tions quotidiennes. Aucune logique ne justifie cet appel qui, à vue humaine, est incompréhensible. L’appel de Dieu dérange.

2) .« Les renards ont des terriers. » Jésus a moins de sécurité que les animaux sauvages. La réponse à l’appel demande la rupture avec le mode de vie antérieur et devient la seule sécurité.
La réponse à l’appel demande un acte de foi qui est à renouveler constamment.

3). « Laisse les morts enterrer leurs morts. » La réponse à l’appel invite à met-tre de l’ordre dans les priorités. Nos vies sont souvent désorganisées par les con-flits entre ce qui est urgent et ce qui est important. On peut avoir des raisons de se méfier de nos tendances personnelles.
Il faut subordonner tout et sans délai au devoir d’évangélisation. Les juifs enter-raient leurs morts sitôt après le décès mais les cérémonies funèbres duraient gé-néralement sept jours. C’est surtout le délai que Jésus conteste.

3). Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas fait pour le Royaume de Dieu. » Dieu devient le commencement absolu d’une vie abso-lument nouvelle. Il est l’initiative imprévisible. A partir de là, il faut poursuivre ce qui est commencé, regarder en avant.
Ps 15 « Garde-moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge. J’ai dit au Sei-gneur : tu es mon Dieu »
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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