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13e Dimanche C

13ème Dim. du T.O. –-C-

Dieu a besoin des hommes pour intervenir auprès des hommes. Il appelle qui il veut, où il veut, quand il veut. Il appelle des jeunes (Samuel, David) et des adultes (Moïse et aujourd’hui, Elisée).
Autrefois, dans nos diocèses, des enfants entraient au Petit Séminaire. Aujourd’hui des jeunes et des adultes vérifient au séminaire de Nantes l’appel qu’ils pressentent dans leur vie, pour se mettre au service du diocèse de Laval.
Les prêtres vieillissent. Tous les ans dans le diocèse, environ dix prêtres quittent le ministère pour raison de santé ou de décès. Il faudrait chaque année une dizaine d’ordinations de prêtres diocésains pour les remplacer. Or, la dernière ordination d’un prêtre diocésain au service du diocèse a eu lieu en 2012. Il y en a une cette année ! Cet après-midi, à la Cathédrale, Jymmy Coëffé sera ordonné prêtre. C’est un moment heureux qui interroge chacun sur son souci de répondre à l’appel de Dieu.
Aujourd’hui, sa Parole nous fait regarder quelques situations ;

1). La famille crée des liens.
Interpellé par Elie, Elisée réagit « Laisse-moi embrasser mon père et ma mère, puis je te suivrai ».
« Permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père »- « Laisse-moi d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison » disent les gens de l’Evangile.
Ces réflexions attirent notre attention sur notre souci d’observer un code de bien-séance et sur la force des liens qui nous unissent à nos familles, à nos relations. Partir « à la cloche de bois » poserait des questions.

L’esprit de famille, ce n’est rien du tout quand on en profite. C’est mieux que tout quand il se détériore. En ce domaine comme en tous les autres, c’est le manque qui nous fait évaluer l’importance de ce que nous n’avons plus.
Un jeune mayennais me disait un jour sa satisfaction d’avoir appris que sa candidature avait été acceptée dans une entreprise. Partir dans le Jura ne l’avait pas impressionné. Quelques mois après, il trouva que les week-ends étaient bien longs et la fa-mille bien loin. Il chercha à revenir dans la région.

2). Il ne faut pas être prisonnier de sa famille.
« Si tu ne viens pas tout de suite, reste chez toi. J’annule ma demande » dit de manière équivalente Elie à Elisée.
« Laisse les morts enterrer leurs morts » - « Quiconque met la main à la charrue puis regarde en arrière n’est pas fait pour le Royaume de Dieu » dit Jésus.
La famille est le lieu à partir duquel l’enfant qui a grandi va faire son trou dans le monde et tenter, sinon de réussir dans la vie, du moins de réussir sa vie.

3). Il n’y a pas de vie sans appel.
La première question que l’Eglise pose aux parents qui présentent un enfant au baptême est celle-ci : « Quel nom voulez-vous donner à l’enfant ».
Dire notre nom indique que l’on fait partie d’un groupe, d’une famille et qu’on est quelqu’un de particulier dans le groupe, dans la famille.
On ne peut imaginer une vie humaine qui se déroulerait sans avoir jamais été inter-pellée par personne. Le nom et le prénom qu’on porte permettent aux autres de nous appeler. En nous appelant, ils nous font exister. La famille est le lieu des premiers appels et des premières réponses. Il y a un premier appel et une multitude d’appels.

Quand Dieu appelle, c’est toujours par le canal de la voix humaine. Quelqu’un, connu ou inconnu, éveille, sans toujours s’en rendre compte, un intérêt qui devient un appel.
Il faut être tout entier à ce qu’on fait et être disponible pour le lâcher. Comment accueillons-nous l’imprévu dans notre vie ?
Dans la liturgie des défunts, le prêtre dit : « Souviens-toi, Seigneur, de X ou Y que tu as appelé… » C’est le dernier appel.

Ces mois d’été sont des mois de mutations ; on quitte une école pour une autre. On va exercer sa profession ailleurs. Ce qui est classique dans une société arrive aussi dans la vie de l’Eglise. Il y a des appels qui nous prennent au dépourvu. La réponse provo-que d’autres appels.
4). Il y a des appels qui changent radicalement une vie.
En fait, Elisée est retourné chez lui. Sans doute, il a embrassé ses parents mais il a aussi détruit tout son matériel agricole. « Il n’a pas gardé une poire pour la soif ».Il élimine toute idée de retour en arrière.
Elisée fait une rupture radicale avec son passé. Il était laboureur. Son service de prophète va le prendre toute sa vie, à plein temps.
5). Il y a des appels qui libèrent.
Autrefois, les jeunes gens étaient appelés (convoqués) sous les drapeaux. Ils faisaient leur service militaire et fêtaient la quille avec fracas. S’il y a des appels qui sont vécus comme des contraintes, il y en a d’autres qui libèrent. C’est le cas de ce qu’on appelle le choix d’un état de vie. (Se marier pour fonder une famille, devenir prêtre ou religieux).
Nous n’aimons pas être assis entre deux chaises. Retenons ce que dit Paul aux Gala-tes : « Ne vous mettez pas de nouveau sous le joug de l’esclavage. Vous, frères, vous avez été appelés à la liberté…Mettez-vous par amour au service les uns des autres. »
Que le Seigneur nous donne la grâce d’entendre ses appels et le courage de le suivre.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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