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13 mai 2012- 6e Dimanche de Pâques B

6ème dimanche de Pâques -B-

Quand, dans la Bible, un prophète rappelle aux Juifs qu’il faut pratiquer le droit et la justice, c’est le signe que la corruption est devenue monnaie courante.
Jésus avait dit « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » (Jn 13, 34) Si dans le texte d’aujourd’hui St Jean se fait l’écho de cette parole, c’est que la mésentente désorganise sa communauté.
Et s’il dit « Aimons-nous les uns les autres », c’est que lui-même a du mal à supporter tel et tel comportement, de tel et tel membre de sa communauté.
Lui comme les autres doit réajuster sa conduite.

La première communauté chrétienne réunie autour de l’évangile de Jean traver-sait donc des moments difficiles. Des gens racontaient toutes sortes de choses sur Jésus et cela troublait les esprits qui s’échauffaient.
De tout ce qui était raconté sur Jésus, il fallait faire émerger les repères qui al-laient permettre de dégager son vrai visage. St Jean dénonce l’influence des pro-phètes de mensonge. Il ne faut pas croire tout ce qu’ils racontent.
Pour les démasquer, il donne un repère :
A ceci vous reconnaissez l’Esprit de Dieu :
tout esprit qui confesse Jésus Christ venu dans la chair est de Dieu
et tout esprit qui divise Jésus n’est pas de Dieu. » (4, 1-3)
Autrement dit, un courant de pensée influent séparait le Christ, glorieusement régnant dans le ciel, de l’homme Jésus qui a vécu et qui est mort parmi nous.
Ce courant de pensée niait pratiquement l’Incarnation.
Mais une question surgit : Pourquoi Dieu n’est-il pas resté tranquille dans son ciel ? Pourquoi a-t-il envoyé son Fils dans notre bourbier humain ?
Réponse : Parce qu’il voulait restaurer sa création, parce qu’il est amour, parce que l’amour, à l’état pur, ne peut faire qu’une chose : aimer.
Aimer ! On entend ce mot partout. De quoi parle-t-on ?

Naturellement, quand j’aime quelque chose, je veux le posséder.
Si j’ai les moyens, j’achète ce que j’aime.
On peut aimer les choses. Les choses ne nous aiment pas.
Le réflexe de possession pousse aussi à posséder les personnes qui peuvent de-venir une chose entre nos mains. Dieu aime autrement :
« Mes bien-aimés aimons-nous les uns les autres puisque l’amour vient de Dieu. (…) Voici comment Dieu a manifesté son amour parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. »

Aimer quelqu’un, c’est vouloir son bonheur. Dieu voulait les hommes heureux. Il a envoyé son Fils pour montrer comment un homme, dans sa condition d’homme, peut aimer à la manière de Dieu.
Pour aimer en vérité dans notre condition humaine, il faut donc regarder l’hom-me Jésus, Fils de Dieu, et vivre par lui. St Jean dégage la source de l’amour.

« Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés. »
L’amour vient de quelqu’un. Nous avons été aimés avant d’aimer. Nous exis-tons dans la mesure où nous sommes aimés. On ne donne que ce qu’on a reçu. Nous sommes capables d’aimer dans la mesure où nous-mêmes avons été aimés. L’amour est ce quelque chose que nous avons reçu et qui nous a construits.
L’amour a une source. Les chrétiens disent que “l’amour vient de Dieu”.

Dieu nous a aimés le premier. Il n’y avait rien de séduisant en nous. C’est son amour reçu qui nous rend aimables. Si nous aimons seulement les gens qui nous sont sympathiques, cela n’a rien d’original, les païens en font autant. C’est quand ils commencent à se sentir aimés que des gens en pleine déroute peuvent commencer à changer de vie. C’est à nous de prendre l’initiative d’aimer.
En aimant, nous devenons créateurs.

L’amour est une force au cœur de Dieu et au cœur de l’homme. Il déclenche un dynamisme. On fait des choses par amour qu’on ne ferait pas autrement. On ne fait rien de bien en traînant les pieds.
L’amour donne du goût aux banalités du quotidien.

L’amour élargit l’horizon. Un pèlerin,, à Lourdes disait : “Ce que j’ai eu la chance de recevoir, il a fallu que je le donne aux autres. je n’ai pas pu faire au-trement.” Une jeune femme, se préparant au mariage, me dit un jour : “Soi-mê-me n’est pas un but dans la vie.” J’ai apprécié la formule... et je vous la trans-mets. Vivre sans faire vivre, ce n’est pas une vie. Il faut s’aimer soi-même mais si notre amour nous porte à ne faire attention qu’à nous-mêmes, il ne vient pas de Dieu.

L’amour est gratuit. Aimer quelqu’un est toujours une démarche libre.
Librement, Jésus a donné sa vie pour nous. Il veut que nous donnions notre vie pour nos frères. Donner sa vie, c’est donner de son temps, de sa compétence, c’est quelquefois risquer sa réputation.
Mourir n’est jamais une victoire. Donner sa vie, c’en est une.

Aimer c’est servir. Mais être aimé, ce n’est pas être servi.
Les parents le savent bien. La satisfaction régulière de tous les désirs immédiats de l’enfant ne construit pas un adulte.
Jésus est au service de notre vie. Il la veut pleinement épanouie ; il veut que notre joie soit parfaite, et pour cela il nous invite sans cesse à nous dépasser.
Il veut que nous mettions en œuvre les possibilités de notre cœur. Quand on aime, on veut rendre l’autre heureux.
Le véritable amour humanise.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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