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12e Dimanche C -Zacharie 12,10-11 ; 13,1

1ère lecture : Zacharie  12/10-11.13/1

10 Je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication. Ils regarderont vers moi, celui qu’ils ont transpercé ; ils feront une lamentation sur lui comme sur un fils unique ; ils pleureront sur lui amèrement comme sur un premier-né.
11 Ce jour-là, il y aura grande lamentation dans Jérusalem, comme il y a une lamentation à Hadad-Rimmone, dans la plaine de Meguiddo.
12 Et tout le pays se lamentera, clan par clan :
le clan de la maison de David à part,
et leurs femmes à part ;
le clan de la maison de Natane à part,
et leurs femmes à part ;
13 le clan de la maison de Lévi à part,
et leurs femmes à part ;
le clan de la maison de Shiméï à part,
et leurs femmes à part ;
14 et tous les clans, ceux qui restent, clan par clan à part,
et leurs femmes à part.
13 1 Ce jour-là, il y aura une source qui jaillira pour la maison de David et pour les habitants de Jérusalem : elle les lavera de leur péché et de leur souillure.

A propos de cette lecture

Les prophètes ont l’art de mettre le doigt sur la plaie. D’une manière inimitable, ils savent nous montrer où est le vrai problème.
La péricope évangélique de ce jour fait allusion à la confession de Pierre qui est suivie de l’annonce explicite de la Passion et le renoncement auquel les disciples sont appelés pour rester fidèle au Christ. Et la première lecture au v. 10 : « ils lèveront les yeux, » renvoie à l’annonce de la passion.
Nous sommes au 4e siècle, à l’époque d’Alexandre le Grand : le jeune roi fait naître des espérances : Dieu va-t-il enfin intervenir ? L’ère messianique est proche. Zacharie l’annonce en proclamant la venue du Messie. « L’importance des chapitres 9-14 de Zacharie tient à son enseignement concernant l’attente messianique. L’oracle part du rétablissement de la maison de David, restauration liée à la mort d’un personnage mystérieux, « celui qu’ils ont transpercé » (12,10) Indubitablement c’est au serviteur souffrant d’Isaïe 53 qu’il faut penser ». Harrington Introd. à la bible.
Le prophète trace le profil du Messie qu’il voit déjà ainsi :
° un roi messianique « humble et pacifique » (9,9-10 ;
° comme le Berger (11, 4-17) qui rassemble les brebis dispersées ;
° comme le serviteur souffrant (12,10) dans la péricope de ce dimanche.

Les quelques versets de ce dimanche sont au cœur d’un oracle (12,1-13,1) qui annonce la victoire de Jérusalem. « Cette victoire ne sera cependant pas suivie de célébrations joyeuses. Mais au contraire la ville de Jérusalem, ses chefs et tous les habitants, tous, seront réunis en une grande cérémonie de deuil (deuxième partie de l’oracle, 12,10-14). Pour exprimer la profondeur de la souffrance, le prophète compare le deuil à celui de parents ayant perdu un fils unique ou un premier-né. Les versets 12-14, omis dans la lecture liturgique, ajoutent une troisième comparaison (allusion à la bataille au cours de laquelle Josias trouva la mort) et énumèrent les tribus qui prendront part à la grande lamentation pour en signifier toute l’ampleur » Feu Nouveau

Pour qui ce deuil ? Pour celui qui a été injustement condamné et mis à mort. Il s’agit du serviteur souffrant annoncé par Isaïe, transpercé injustement par les siens, en qui Dieu reconnaît son Fils et qui, du même coup, se sent atteint et touché. Mais contrairement à ce qu’on pourrait imaginer et conclure, Dieu ne punira pas ni ne se vengera de ceux qui ont tué son Fils, mais bien au contraire de sa mort « jaillit une source qui les lavera de leurs péchés et de toute souillure »

Dans ce passage Zacharie annonce au peuple que Dieu suscitera en lui des nouvelles dispositions faites de « bonté et de supplication ». Attitude à l’opposé de celle qu’ils ont manifestée en transperçant le cœur de Dieu. Toujours renaît la tentation de vouloir être « dieu », de croire que tout dépend de nous. La conversion à consentir consiste à regarder vers Dieu. Notre vie est don de la main de Dieu et nous apprenons la direction à suivre dans les paroles qui nous ont été transmises. Vivre de bonté et de supplication, c’est accueillir ce qui vient du Père et vivre conscients que tout nous vient de lui. Prier, c’est s’ouvrir dans la paix à cette réalité-là et oser à nouveau faire confiance à ce Dieu qui se laisse entendre et qui appelle les humains à vivre dans la réconciliation. Dieu nous aime et fait cas de chacun de nous, encore faut-il que cela nous habite vraiment. C’est en regardant vers celui que nous transperçons – Dieu ou un de nos frères et sœurs – qu’on se détache de soi-même et que l’on peut commencer à vivre de la grâce. La première grâce que nous recevons, et sans doute nous devons en avoir conscience, c’est la possibilité de « regarder celui ou celle que nous transperçons ou ceux qui sont transpercés et victimes de la violence verbale ou physique. Il ne suffit pas de regarder le Christ transpercé, lui-même nous invite à jeter notre regard sur ceux qu’il appelle « ses frères. »

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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