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123 25e Dimanche A

18 septembre 2011
25ème Dimanche du T.O. -A
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Is 55, 6-9 Ph. 1, 20...27 Mt 20,1-16

Si St Paul s’adresse aux diverses communautés qu’il a fondées, c’est évidem-ment pour les encourager dans leur vie de foi ; c’est aussi pour donner des orien-tations qui vont les aider à sortir des difficultés particulières qu’elles rencon-trent. Qu’il s’adresse aux unes ou aux autres, il y a dans sa pensée des points fixes qui, quelles que soient les circonstances, sont la base de toute vie de foi.

Dans sa lettre aux Romains (Rom 14, 7-8), Paul écrivait : « Aucun d’entre nous ne vit pour soi-même et aucun ne meurt pour soi-même (…) Dans notre vie comme dans notre mort nous appartenons au Seigneur. »
Quand il écrit aux habitants de la ville de Philippes, il est en prison (à Ephèse, pro-bablement). Son procès est commencé ; il est en attente de jugement.

Dans le monde d’hier comme dans celui d’aujourd’hui, avoir le nom d’un pri-sonnier sur son carnet d’adresses peut attirer des ennuis. Qu’elle soit bonne ou mauvaise, on n’est pas incarcéré sans raison. Une autorité a estimé qu’il y a eu quelque part une atteinte à la Loi.
Tous les pouvoirs chargés de maintenir l’ordre public s’efforcent de remonter la filière des relations des prévenus pour atteindre la tête du réseau.

Que Paul soit en prison et confronté à un tribunal, pourrait donc inciter les chré-tiens à être prudents. Ce n’est pas le moment de faire du zèle.
En fait, il n’en est rien. La détention de Paul donne une audace nouvelle aux dis-ciples pour annoncer sans crainte la Parole.

Paul, le prisonnier, est un homme libre dans sa tête et dans son cœur :
« Tout ce qui m’arrive tournera à mon salut. » (1, 19).
Or ce qui peut lui arriver, c’est une condamnation à la peine capitale.

La mort de Paul pourrait être un coup dur pour les jeunes communautés chré-tiennes qu’il a fondées mais Paul ne craint rien de ce côté-là :
« Soit que je vive, soit que je meure, la grandeur du Christ sera manifestée dans mon corps. » Le mot corps désigne la personne tout entière.

S’il faut parler de rentabilité dans le secteur de l’évangélisation, St Paul nous invite à penser qu’on peut tirer parti de toutes les situations.
S’il est libéré, il pourra continuer sa mission d’évangélisation sur les routes de l’empire. Mais, étant pour l’instant en prison, son temps de captivité et son pro-cès lui permettent d’annoncer Jésus, mort et ressuscité, devant un tribunal.
La pleine activité, l’arrêt pour cause d’internement ou de maladie et même la mort, tout peut être porteur du message de l’évangile. Voilà qui nous étonne, mais : « Vos pensées ne sont pas mes pensées » disait Isaïe.

Apparemment, St Paul n’est donc pas en situation favorable. Mais justement, cette situation invite à réfléchir.
On parle volontiers en notre temps des valeurs qu’il faut défendre. Il y en a une dont on ne parle jamais mais qui pourrait bien s’infiltrer dans toutes les autres : « Il faut sauver l’apparence. » L’apparence serait le chemin du succès.

La chirurgie esthétique fait des merveilles. On ne lui demande plus seulement de réparer les dégâts provoqués par un accident mais de maintenir et même d’amé-liorer l’image de soi. On lui demande « de réparer des ans l’irréparable outra-ge ». Il faut paraître jeune, riche, avoir un casier judiciaire vierge, être sûr de soi pour capter la confiance et convaincre.
Avec une bonne présentation, on peut à la limite vendre n’importe quoi. L’em-ballage a autant d’importance que le produit. Il faut séduire. Avoir une bonne présentation est devenu une priorité.

Etre présentable ! Chacun se fait une idée de soi en face de l’autre. Chacun a le souci de se mettre à niveau vis à vis de la personne qu’il va rencontrer ou de la démarche qu’il va entreprendre. On ne se présente pas de la même façon pour un entretien d’embauche ou un concours de pêche.

St Paul dit : « Soit que je vive, soit que je meure, la grandeur du Christ sera manifestée dans mon corps. »
Traduction : Si nous nous mettons à l’école de saint Paul, celui qui vit dans le Christ a réussi sa vie. Celui qui meurt dans le Christ a réussi sa mort. Le Christ se reconnaîtra dans sa mort comme dans sa vie.

Aujourd’hui notre société est unanime pour dire : « Il faut mourir dans la digni-té. » Pour certains, cela veut dire qu’il faut arrêter la vie quand la souffrance du malade est estimée insupportable par l’entourage.
Pour d’autres, cela veut dire qu’il faut accompagner les mourants jusqu’au der-nier instant. Les médecins disent qu’ils ont la possibilité d’atténuer notablement les souffrances des malades en fin de vie.

L’Eglise demande qu’on respecte les malades dans leur corps. Quand ils ne sont plus en capacité de maîtriser totalement leur image, les soins d’hygiène s’impo—sent. Ils peuvent être pénibles mais ils sont constitutifs de la dignité humaine. Il faut être aidé pour ne pas apparaître négligé et rester présentable. Mais on ne peut réduire la dignité à la présentabilité.
Si Dieu le Père juge la vie des gens sur ce qu’ils donnent à voir quand ils sont à l’agonie… et morts, son Fils Jésus, mourant sur une croix, avait peu de chance d’être bien reçu.
Heureusement Dieu ne juge pas sur les apparences. Le Christ défiguré se recon-naît dans les corps détériorés par la maladie.

Une prière de l’Eglise dit ceci (Mercredi 4ème sem. None) :
« Seigneur Jésus Christ, toi qui étendis les bras sur la croix pour sauver tous les hommes, donne-nous de te plaire en chacun de nos actes pour faire con-naître au monde l’œuvre de ton amour. » Paul aurait bien signé cette prière.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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