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12 Dimanche C

19 juin 2016
12ème Dimanche du T.O. –C-

Regard sur le livre de Zacharie

De retour sur sa terre après 50 ans d’exil en Chaldée, le peuple de Dieu a retrouvé Jérusalem en ruines. Il se sent contraint de rêver d’un monde nouveau et devra dé-couvrir que le vrai chemin d’un avenir de paix ne peut passer que par la conversion du cœur. C’est cette nécessité de la conversion qu’annonce Zacharie. Elle sera l’œuvre de Dieu ; « Je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication. Ils regarderont vers moi. »

Mais nous n’en sommes pas là. Au milieu des ruines, les courants de pensée se chevauchent ou se contredisent. Comme dans notre monde aujourd’hui, chaque meneur trouve que son idée est la meilleure. Pour l’imposer, il doit éliminer les concurrents. Parmi eux, il y en a eu un qui a été détruit et qui aurait pu sauver la situation. « Celui qu’ils ont transpercé, ils feront une lamentation sur lui ! »
Les larmes du repentir deviennent une source. « Ce jour-là, il y aura une source qui jaillira pour la maison de David, et pour les habitants de Jérusalem ; elle les lavera de leur péché et de leur souillure. » La façon dont Dieu se donne à voir est déroutante.

Regard sur l’évangile de Luc

Quelques siècles plus tard nous nous retrouvons sur les routes de Palestine en compagnie de Jésus et de ses disciples. Il y a quelques jours, Jésus a guéri des malades et nourri, à la tombée de la nuit, une foule qui l’avait suivi. Les apôtres sont marqués par ce coup d’éclat de Jésus. Ils découvrent une nouvelle facette de ses possibilités et leur imagination s’échauffe. Jésus veut les empêcher de rêver trop fort.
Après un temps de prière à l’écart, il leur pose une question apparemment banale : « Au dire des foules, qui suis-je ? » Les apôtres répondent sans hésiter. Ils savent ! Les foules se réfèrent à Jean Baptiste, à Elie et à tel ou tel prophète d’autrefois. Mais Jésus poursuit avec une question percutante : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »

Si nous accueillons personnellement cette question, que pouvons-nous répondre ? En faisant appel à notre mémoire, nous trouvons des souvenirs de catéchisme et ses réponses prêtes à servir : « Il est le fils de Marie. » « Il est le Fils de Dieu le Père, la deuxième personne de la Sainte Trinité. » « Il est le Sauveur du monde »
En tournant les pages de la Bible nous pourrions aussi adopter la réponse les gens de Nazareth : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ?! » (Lc 4, 22), celle des meneurs de foule au tribunal de Pilate : "un homme en train de semer le désordre dans la nation ». ( Lc 23, 2), ou celle de Pierre « Je ne connais pas cet homme. » (Mt 26,7). Nous pourrions encore reprendre la réponse de Jean. : « Il est le Verbe, la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. » (Jn I, 9) ou celle de Paul : « Il est l’image du Dieu invisible » (Col. 1,15). Nous avons le choix, ce qui ne nous dispense pas d’élaborer notre réponse personnelle.

Quand Jésus pose la question à ses apôtres : « Pour vous, qui suis-je ? », les bavards
se taisent. Finalement, c’est Pierre qui se lance. Il n’a pas les munitions dont nous disposons. Il ne peut évoquer l’autorité d’un roi. Il y a bien longtemps que la royauté n’est plus qu’un souvenir. Il n’y a plus de prophètes et Jésus n’est pas de la tribu de Lévi où se recrutent les prêtres ! Un mot lui vient à l’esprit le Messie.
Le Messie est quelqu’un qui a été oint, autrement dit frotté d’huile au nom de Dieu. Ayant reçu l’onction, il est établi dans une relation particulière avec lui et donc il est forcément protégé par lui pour qu’il fasse beaucoup de bien.

Jésus accepte ce mot mais il interdit de le répéter car il est ambigu. Il peut donner à penser que le Messie aura une vie agréable et glorieuse. Pour ôter toute illusion à ses apôtres, il leur annonce ce qui va lui arriver : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué et que le troisième jour il ressuscite. » Et ce chemin difficile qui conduit à la vie avec Dieu disqualifie tous les autres chemins.

Regard sur la lettre de Paul aux Galates

Ces Galates ont accueilli le message de Paul. Ils ont revêtu le Christ. Qu’ils soient hommes ou femmes, juifs ou païens, maitres ou esclaves, ils sont revêtus du même manteau qui leur donne un air de famille. Tous sont entrés dans l’alliance par la force du sang versé sur la croix.
Mais parce qu’on ne sait jamais ce qui peut arriver, ces Galates ont pensé que deux précautions valent mieux qu’une. En même temps qu’ils croient au Christ, ils continuent de pratiquer la Loi juive. Ils jouent sur deux tableaux.

Dans notre société, on peut confier son argent à deux banques concurrentes. On ne peut donner sa foi à plusieurs dieux qui se veulent totalitaires. Et pourtant, il nous arrive d’avoir des pratiques qui se contredisent. Il nous arrive d’accepter les exigences de l’évangile le dimanche et de prendre pendant la semaine des décisions conformes aux impératifs qui gouvernent le monde.
Dans un conflit entre deux armées ennemies, le combattant ne peut endosser deux uniformes. Arrive toujours le jour où il doit choisir son camp. Jésus veut être choisi et suivi, quoi qu’il arrive.
La vie avec le Christ nous interroge tous les jours de la semaine. Le dimanche est le jour où on époussette la poussière qui vient immanquablement salir le vêtement du Christ. C’est le jour qui nous est donné pour réajuster notre regard sur le chemin à suivre dans nos responsabilités quotidiennes.
Puissions-nous entrer dans la prière du psalmiste :
« Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube, mon âme a soif de toi. » (Ps 62)
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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