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12 Dimanche B

12ème Dimanche du T.O. -B-
Avec Magnificat N° 271

Job traverse une épreuve qui ressemble à une tempête qui n’en finit pas de tout casser dans sa vie. Et voilà que Dieu s’adresse à Job. Enfin !

Dans le récit que nous venons d’entendre, Dieu parle du milieu de la tempête.
Une première lecture peut conduire à penser que Dieu est un acteur de cette tempête, un complice dans le massacre. C’est lui qui a créé ce monde où Job ne reçoit que des mauvais coups et il n’exprime aucun regret. Au contraire, il vante sa puissance et en plus, est-ce le moment de faire de la poésie ?
Aujourd’hui, combien de gens se reconnaissent dans la détresse de Job : chômage, in-sécurité, épidémies, tremblements de terre, guerres, terrorisme, deuils… sans oublier les persécutions que subissent les croyants au Moyen-Orient et ailleurs.
Dieu, qui tient les rênes du gouvernement du monde, tient un discours décalé. Il demande “Qui donc a retenu la mer avec des portes ?” Effectivement, on peut se poser la question.

“Le Seigneur s’adressa à Job du milieu de la tempête.”
Une deuxième lecture conduit à penser que le nom de Job est toujours dans le carnet d’adresses de Dieu. Il sait dire les mots que Job a besoin d’entendre.
Des commentateurs remarquent que dans tout discours, il y a le ton. Il y a ce qui est dit et la manière de le dire. Il y a les paroles et la musique des paroles.

Il y a le ton des puissants de ce monde qui, pour manifester leur supériorité ont besoin d’écraser toujours davantage les pauvres englués dans la misère. Si on joue sur ce registre, on imagine bien Dieu parlant avec colère. Il se vante de ce qu’il a fait en posant une question qui refuse toute contestation. “Qui a retenu la mer ?”
Dans un couple en difficulté, si l’un réagit avec colère devant la colère de l’autre, c’est la vaisselle qui va souffrir. Si des parents réagissent avec colère devant la colère d’un enfant, l’enfant va peut être se taire mais la colère va continuer de l’habiter.

Devant la dévastation du mal, Dieu dit des paroles de douceur pour réveiller la con-fiance. Bien sûr, Job est dans la plus grande détresse mais Dieu garde la maîtrise de la situation. Si la parole de Dieu peut déclencher une plus grande révolte elle peut aussi déclencher une plus grande confiance.

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Après ce que Dieu vient de dire à Job, il n’est pas surprenant d’entendre le récit de la tempête apaisée. Avec Marc, nous voici au bord de la mer et pas seulement au bord. Jésus veut passer sur l’autre rive où il y a des païens.

Il est arrivé à des pèlerins de Terre Sainte d’avoir dans leur programme de séjour la traversée du lac de Tibériade et il est arrivé que la traversée soit annulée au dernier moment pour raison de tempête. Sur ce lac, les tempêtes violentes se lèvent très vite. Les apôtres, ce jour-là en ont fait l’expérience.

Quand les apôtres prirent Jésus dans leur barque, « d’autres barques l’accompa-
gnaient », sans compter celles de tous les pêcheurs du lac qui étaient au travail sans s’intéresser à cette barque pilotée par Pierre.
Tous les professionnels de la pêche savent qu’une tempête est toujours possible sur ce lac. Il y a un minimum de précautions à prendre. Fatigué de sa journée de prédication, Jésus n’a qu’une envie, dormir. Il s’embarque « comme il était ». On dirait aujourd’hui sans équipement particulier, sans gilet de sauvetage.
La tempête survint sans prévenir, comme d’habitude, et c’est à la prière des disciples que Jésus calma d’un mot les vents et les flots. “Tais-toi”
Le grand calme qui se fit ce jour-là profita non seulement à la barque de Pierre, celle où se trouvait Jésus, mais aussi à toutes les autres barques du lac.

On présente souvent l’Église comme une barque battue par les flots en furie. Au fil des siècles, cette barque a eu quelquefois l’allure d’un grand navire majestueux hors duquel il n’y avait point de salut, et quelquefois, accumulant toutes les misères comme Job, elle a eu l’allure d’un vieux rafiot qui prend eau de partout.
Marc nous dit que c’est à l’intercession des chrétiens embarqués avec Jésus dans le frêle esquif de l’Église que toutes les autres barques doivent de ne pas avoir sombré.
Que l’Église soit un paquebot équipé des dernières techniques ou un simple radeau, que les chrétiens soient un peuple de vedettes ou un petit troupeau mal en point, l’Eglise demeure toujours le signe et le moyen de salut offert au vaste monde.
C’est à la prière de ce petit peuple angoissé que le Seigneur exorcise le bouillonnement des eaux et rend possible pour tous la navigation vers la rive de l’éternité.

“Qui a retenu la mer” demandait Dieu. “N’avez-vous pas encore la foi ?” demande Jésus.
“Maître,nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ?” dit Pierre.” “Le Christ est mort pour tous afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes” dit Paul aux Corinthiens. Les épreuves peuvent conduire à la destruction : elles peuvent aussi fortifier la confiance.
“Seigneur notre Dieu, Créateur du ciel et de la terre, ne nous abandonne pas à la peur lorsque la vie nous malmène. Sois notre secours, Dieu sauveur, affermis-nous dans l’espérance, toi notre avenir.”
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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