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10e Dimanche C

10ème Dimanche du T.O. -C-

Le prophète Elie avait annoncé une grande sécheresse en Palestine. Elle arriva et il en fut victime. Contraint de quitter le pays, on le retrouve à Sarepta en pays païen. Il est accueilli par une veuve en charge d’un jeune enfant. Pas de chance ! L’enfant tombe brutalement malade et meurt. Sa mère trouve une explication : Elie ne lui a demandé l’hospitalité que pour lui rappeler ses fautes passées et la punir.
Il semble qu’elle accepte cette mort comme un châtiment mérité. Elle ne demande rien à Elie qui, lui, n’accepte pas son analyse. Il prend l’enfant, s’isole, s’adresse à Dieu avec insistance. « Lui veux-tu du mal jusqu’à faire mourir son fils ? » Elie n’imagine pas un Dieu qui ferait mourir un enfant pour punir sa mère.
L’enfant revient à la vie et Elie le redonne à sa mère. Son regard sur Elie change : « Maintenant, je sais que tu es un homme de Dieu, et que, dans ta bouche, la parole de Dieu est véridique. »

Observation. - Cette histoire se passe dans une maison et n’a pas de témoin. La veuve n’a rien demandé à Elie. Choqué lui aussi par la mort de l’enfant, il n’a pas demandé un acte de foi à la veuve et ne tire aucune gloire de ce qu’il a fait.
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Luc nous ramène en Palestine, en Galilée. Jésus est en route avec ses disciples, suivi d’une foule nombreuse. En approchant de la porte de la ville de Naïm, elle croise un convoi funèbre. Respectueusement, elle aurait pu se ranger sur le côté de la route. C’est une veuve qui porte en terre son fils unique. Il y a beaucoup de monde pour l’accompagner. Devant son chagrin, « le Seigneur fut saisi de compassion. » Il arrête le convoi, s’adresse au jeune homme défunt et le rend à sa mère.

Observations : La scène se passe hors de la ville, sur la route du cimetière, devant beaucoup de monde. La veuve est sans doute étonnée de l’intervention de cet homme mais elle ne lui a rien demandé et Jésus ne lui a pas demandé si elle croyait ou pas. Il lui dit simplement : « Ne pleure pas ! » C’est la souffrance de cette veuve qui dé-clenche son intervention.
- On dit quelquefois que le hasard fait bien les choses. On peut penser, après coup, qu’Elie et Jésus se sont trouvés au bon endroit, au bon moment.
- Ces deux récits nous montrent comment des vies ont basculé de la vie vers la mort et de la mort vers la vie. Cela peut s’entendre des deux enfants et aussi des deux ma-mans. Ces deux femmes sont veuves. La mort les a frappées une première fois par le décès de leur conjoint. En ce temps-là, la mort d’un père de famille conduisait l’épouse à la mort sociale. Certes, la Bible nous présente quelques veuves riches mais la plupart, devenaient sans ressources.
- La mort de leur enfant les fait aller plus loin dans la misère en leur enlevant le seul appui dont elle pouvait espérer un secours, dans l’avenir.
- Les époux, à Sarepta et à Naïm, ne sont pas revenus à la vie mais Elie et Jésus ont montré que Dieu peut redonner une espérance dans des situations qui apparaissent sans issue.
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Ces deux récits encadrent un moment de la vie de Paul. Il a eu lui aussi une vie avant et une vie après le passage de Jésus
C’était un juif à l’aise dans sa foi. Il l’avait étudiée sérieusement à Jérusalem. Elle n’était pas seulement intellectuelle ; elle induisait un comportement : « Je menais une persécution effrénée contre l’Eglise de Dieu et je cherchais à la détruire. J’allais plus loin dans le judaïsme que la plupart de mes frères de race qui avaient mon âge. » Devant un croyant si passionné et un militant si efficace, les chrétiens avaient tout à craindre quand il apparaissait dans un secteur.

Il raconte aux chrétiens de Galatie comment un jour, en se rendant à Damas, il a buté contre Jésus ressuscité. Cette rencontre a été comme un passage par la mort. Son regard sur sa propre vie bascule. Il dit avoir été appelé.
Il lui a fallu du temps pour mesurer à quelle profondeur cet appel remettait en question toute sa construction de foi et son comportement. Il fait un séjour en Arabie, puis à Damas. Trois ans après sa conversion, il prend contact avec Pierre à Jérusalem.
Quand la vie de Jésus envahit une vie humaine, tout devient nouveau.

Remarques * Il peut nous arriver d’être au bon moment au bon endroit pour aider quelqu’un, connu ou inconnu. Et peut être, nous n’avons rient vu du résultat.
Nous pouvons aussi rendre grâce pour ceux qui nous ont redonné de l’espérance sans s’en apercevoir.
* Pour la plupart, nous avons été baptisés peu de temps après notre naissance. Ce fut la première intervention de Jésus dans notre vie. Pourrions-nous essayer de mesurer avec quelle ardeur jalouse nous restons accrochés à ce qui est humain dans notre vie, à notre éducation, à notre formation ?
* Jésus ne cesse pas de nous faire franchir des étapes. Il y a des rencontres qui nous font pénétrer plus avant dans sa vie malgré nos résistances.
Au fait, Jésus a-t-il vraiment les mains libres pour nous conduire à faire ce qu’il attend de nous ?

Que la parole et l’Esprit du Seigneur nous habitent profondément ! Et déjà sa victoire sera plus forte en nous que toutes les puissances de mort.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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