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1 Thessaloniciens 5,1-6

2ième lecture : I Thessaloniciens 5/1-6

1 Quant aux temps et aux moments, frères, vous n’avez pas besoin qu’on vous en écrive.
2 Vous-mêmes le savez parfaitement : le Jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit.
3 Quand les gens diront : « Quelle paix, quelle sécurité ! », c’est alors que soudain la ruine fondra sur eux comme les douleurs sur la femme enceinte, et ils ne pourront y échapper.
4 Mais vous, frères, vous n’êtes pas dans les ténèbres, pour que ce jour vous surprenne comme un voleur.
5 Tous, en effet, vous êtes fils de la lumière, fils du jour : nous ne sommes ni de la nuit, ni des ténèbres.
6 Donc ne dormons pas comme les autres, mais soyons vigilants et sobres.


A propos de cette lecture :

_« Vous n’avez pas besoin qu’on vous informe sur la venue du Seigneur » et de fait les Thessaloniciens savent déjà que le Jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit.
Le Jour du Seigneur c’est le moment décisif où Dieu se manifestera d’une manière toute particulière, où Dieu se révélera dans toute sa gloire ;
Dans l’Ancien Testament le Jour du Seigneur est aussi le jour où Dieu venge son peuple, le sauve en renouvelant les prodiges d’autrefois d’une manière spectaculaire. Il est intéressant de noter que chez Sophonie le Jour du Seigneur « n’apparaît pas comme essentiellement la fin du monde et de l’histoire mais comme la métamorphose et la refonte du peuple de Dieu, la fin d’un âge de péché. Et tout va déboucher dans les chants d’allégresse » TOB Introd. à Sophonie
Pourquoi parler avec autant d’insistance de ce Jour du Seigneur ?
Pour Paul, c’est l’occasion d’inviter à la vigilance. Il craint que les Thessaloniciens n’aient de fausses attentes et espérances par rapport à ce Jour du Seigneur et qu’ils se lassent d’attendre.
Dès les premiers pas de l’Eglise, la Bonne Nouvelle a fait surgir une telle espérance que les premiers chrétiens imaginaient facilement la venue définitive du Seigneur dans un délai immédiat. Comme ils étaient également confrontés à la société païenne, la venue du Seigneur qu’ils attendaient pour tout suite signifiait la disparition de toutes leurs craintes.
Paul ramène les chrétiens à la réalité et les invite à lire les signes des temps.
C’est pourquoi tout au long des deux lettres aux Thessaloniciens, Paul réagit vigoureusement contre ceux qui refusaient de travailler et même de se marier puisque le Seigneur allait venir et avec lui un monde meilleur.
Fausse conception dit Paul, même s’il sait que beaucoup ont déjà une bonne notion. Le Seigneur vient à l’improviste, comme par surprise et par conséquent il faut rester vigilant pour l’accueillir. Lorsqu’on pense « quelle paix, quelle tranquillité, c’est alors que la catastrophe arrive. Si l’on n’est pas vigilant ce Jour risque de nous tomber dessus à l’improviste.
Le Seigneur donne à chacun sa chance et offre les délais pour nous convertir puisque nous sommes les fils du Jour et de la Lumière. La métaphore de la lumière évoque le monde de la foi, de l’amour et de l’espérance. La lumière est le lieu par excellence de la rencontre avec Dieu, comme au Thabor où Jésus se manifesta à Pierre, Jacques et Jean dans une lumière resplendissante, éblouissante.
Lorsqu’on est dans la lumière on reste en éveil et on ne se laisse pas distraire par des futilités ; on ne sera pas surpris par la soudaineté de la venue imprévisible du Seigneur.
Ce qui différencie le chrétien c’est sa disponibilité à l’événement qui ne peut le prendre au dépourvu. Il n’a donc pas à se soucier du moment où le Seigneur se manifestera : il est prêt, il veille...

Aujourd’hui encore, dans ces temps de mutation, la tentation reste grande de rêver d’un avenir qui viendrait d’un ailleurs problématique. A chaque époque surgissent des chrétiens, rêveurs et désincarnés comme du temps de Paul, qui oublient d’être hommes et femmes à part entière. Ils se réfugient dans une religion sécurisante et même dans la paresse plutôt que de s’engager dans les travaux et les risques qu’implique la participation au lent et difficile perfectionnement, à l’engendrement de l’humanité. Devant tous les tracas d’aujourd’hui, beaucoup de croyants sont enclins à attendre passivement du ciel l’apaisement de leurs angoisses en s’épargnant le risque de bâtir d’abord l’avenir à frais nouveaux. L’Apôtre nous rappelle que le chrétien n’est pas celui qui attend un autre monde dans la crainte, n’ayant déjà plus les deux pieds sur la terre. Le chrétien est celui qui s’efforce de réaliser partout et à chaque instant sa vocation d’homme, de croyant parmi les hommes. Si délai il y a, c’est parce que le Seigneur donne à chacun sa chance. Ce dont il faut se méfier, « c’est la paix, la tranquillité , car c’est alors que soudain la ruine fondra sur eux comme les douleurs sur la femme enceinte » . Vérifions aujourd’hui en quoi nous avons mis notre paix et notre tranquillité. N’est-ce pas dans une assurance qui mettrait la vie chrétienne à l’abri de tout risque ? Il s’agit de vérifier plutôt en qui nous mettons notre sécurité et notre avenir.
La venue du Seigneur est comparée à la venue d’un voleur dans la nuit non pas pour nous faire peur. Pour le chrétien le jugement dernier est commencé. Il a été inauguré de manière décisive depuis la croix de Jésus Christ. Il ne s’agit donc pas de nous y dérober mais de déchiffrer les signes de la venue du Seigneur dans les intempéries des temps que nous vivons. Nous aurons toujours à évangéliser notre espérance et à vivre l’aujourd’hui de Dieu. Il nous faut être des « éveillés », des « ressuscités », des hommes et des femmes debout, avides de lire les signes des temps pour pouvoir rencontrer le Seigneur quand il survient dans le quotidien de notre existence. Ce qui diffère les chrétiens des autres, c’est leur disponibilité à l’événement qui ne les prendra pas au dépourvu.
Ne dormons-nous pas trop sur nos lauriers ? N’apparaissons-nous pas aux yeux du monde comme des somnambules ?
Il faut se rappeler que la lettre aux Thessaloniciens a été écrite avant l’Evangile. Nous avons ici la morale et la seule que l’Apôtre prêche : « soyez des gens éveillés, vivant le moment présent de l’histoire comme une phase de l’achèvement par Dieu de ce qu’il a lui-même commencé ».

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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